mardi 7 mars 2017

-Vaisseau du cœur-mMms-

Vaisseau des langueurs et du temps
Les pieds fermes sur le pont calés
Les doigts serrés Mon poids balance
Rien à l’horizon de la belle mer
Moins de temps moins de galère
Le jour où s’est enfin finie la guerre
Le tour du revenir maintenant vers la fin
Du plaisir de redécouvrir ton sourire
De retrouver les pierres blanches et sèches
Les vents salés et les petites fenêtres
D’où passent presque les raides lumières
D’où sentent tant les herbes et les thyms
Les épices du ciel au soleil bleu
Les doigts serrés au bord du bastingage
Le moteur tiendra jusqu’à mon arrivée
Un vieux rafiot de toutes les traversées
De contrebande et pour un passager
D’ensuite à pied rentrer et reposer
Mes flasques os mes souvenirs rosés
A mon retour enfin te retrouver
Et semer dans la terre aride et fière
Toute une tendresse oubliée au plat des batailles
La paix des langueurs et les failles du cœur
-12h42-
ULYSSE PROMENADE

Laisse courir
Poils longs
Et aboyer

Le long des champs
Des senteurs
Oiseleur

Gambader laisser
Après les oiseaux
Du printemps

Dans tous les sens
Poils aux vents
Aboiement

Laisse revenir
Ballade à patte
Ballade du lundi
-11h40-

Le chien Ulysse
De race grise
Grec et fier

Allongé au soleil
Comme un toit
De blanche maison

De petits yeux fanés
Une robe étendue
Surveiller

Garder les enfants
De tendre et de calme
La sieste

Ne t’approche pas
Il en a oublié
Ce n’est pas les siens
-11h45-


Un jour parti
Museau en l’air
Le regard clair

Il n’est pas revenu
Pris la clé du temps
Sur la terre

Après un lapin
Traces des crocs
Le lapin mort

Après le chat et l’oiseau
Traces de crocs
Les enfants grands

Il avait beau être vieux
Son moment de partir
De s’enfuir
-11h52-
Le poil fade
Le nez usé
Le dos rond

Le soir sale
Le pied rusé et bon
D’avoir gambadé

A l’abandon
Posé dans les ronces
Sa carcasse

Laisse dormir
Sans pouvoir revenir
Périple trop long

Une passade parabole
Il n’a pas retrouvé
Le sentier de la maison
-12h14-